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Sauf La Nuit, 2007-en cours, photographies, dimensions variables.
 
A la base, une histoire de fantôme. Une histoire de mémoire qui vacille, tangue et puis sombre tout à fait jusqu'au rideau final. Ecran noir.
Cela pourrait être : l'histoire d'un homme qui tente de se rappeler de sa femme et lutte avec des décombres, des images-bribes. A cet homme, il ne reste que de rares images évanescentes, une scène brumeuse dans laquelle il revient comme dans une chapelle, qu'il revisite inlassablement et tente de convoquer par l'écriture, jour après jour. Les mots comme un salut, une forme de survivance au manque et à l'absence ; il s'acharne à écrire ce qu'il entrevoit pour ne pas oublier. En résulte pourtant une anti-description, plus proche de l'imagerie mentale.
Cette histoire, racontée par Samuel Beckett dans son livre Mal vu Mal dit, est à la base du projet d'Aline Biasutto, qu'elle tente ici d'adapter.« C'est le soir. Ce sera toujours le soir. Sauf la nuit ». Cette phrase tirée du livre trouve son écho dans les « images limites » d'Aline Biasutto, ces photographies d'avant la nuit (le noir), qui se tiennent au bord du visible, juste avant le silence. Là où les mots de Beckett buttaient contre le réel, l'artiste interroge le potentiel de résistance de l'image. Puisqu' « être, c'est être perçu » (Berkeley), comment faire exister par l'image une forme de réel déliquescent ? Sauf la nuit entend interroger les limites du visible et mettre en évidence le décalage entre mémoire, image et interprétation.

Alexandra Delage, janvier 2011.